Projets/Manifestations

REAPPROPRIATION : DARBOUSSIER

Cette action forte a été le point d’orgue de la réflexion de l’année.

Le groupe d’intervenants sollicités par la Maison de l’architecture , sous la direction du Chef de projet Jean-François MANICOM, a pris possession de la rue d’entrée dans l’ancienne usine de DARBOUSSIER , pour lui redonner une vie éphémère, la transformer en espace public « rêvé».

Le lieu était défini dans un premier temps comme suit:
La rue passant entre les anciens hangars de stockage du rhum allant du bâtiment administratif conservé jusqu’à la mer.
Puis , l’étude et l’imagination du groupe d’artiste avançant, le périmètre d’intervention s’est étendu pour englober le bâtiment administratif jusqu’à l’entrée de l’usine sur la rue RASPAIL.

L’action exceptionnelle dans sa conception et l’impact symbolique prévu a attiré en plus des premiers intervenants sollicités d’autre artistes qui ont porté leur contribution à l’action tels que Georges ROVELAS, plasticien qui a mis sa technique au service de l’œuvre commune en tressant les lames de métal trouvées en nombre sur place et en gravant les textes de Max JEANNE sur les portes métalliques des hangars désaffectés.
François PIQUET , plasticien et membre actif de l’association COLLACTIF , a rejoint le groupe d’intervenants pour des actions personnelles mais également comme soutien au chef de projet pour l’organisation du lieu, et également pour organiser des sessions de COLLACTIF sur le lieu.
Bien d’autres artistes sont passés sur le site pour amener une aide, une pensée, un soutien.

Sous la coordination de Jean-François MANICOM, le total des interventions des différents artistes ont petit à petit constitué un ensemble particulièrement riche, l’apport de chacun s’alliant aux autres pour former un tout, une rue, un lieu d’histoire et d’émotion, un lieu d’avenir autant que de souvenir...

Jean-François MANICOM, Chef de projet présente
« DARBOUSSIER 2007 »

« Un petit garçon est assis dans une salle de classe, entre les paquebots qui appareillent et l’usine qui crache de la poussière noire, il n’a pas grandi ici.

L’usine fait partie d’un monde inconnu, presque dangereux, comme le reste du collège, les autres dans la cour de recréation, l’étage du dessous a Pointe a Pitre, il n’a pas grandi ici.

Mais en lui sont malgré tout enfouis :
l’odeur de la canne brûlée ,
la consistance des paillettes noires ,
l’amour de la canne,
la bosse des taureaux,
la haine de la canne ,
l’odeur des mares ,
le souffle des mornes de la grande terre ,
la brulure des sécheresses ,
les montagnes de sucre,
la musique de bismillah Khan ,
la natte noire de suzette,
le skaï des 404 bâchées ,
les mains des ouvriers agricoles ,
les paquets de JOB sans filtres,
le grésil a tout faire,
le poids de la pompe a detiquer ,
le portail de Darboussier,
le son du Ka de Vélo,
la case de Lorin la,
les limonades ordinaires,
le vieillard aux lunettes noires,
les traces de neige noire sur les feuilles blanches....

Le collège est un paquebot immobile ancré dans la ville , au nord de l’usine. Il faut partir aussi, lever l’ancre qui pendait entre deux eaux , dans un mouvement lent , si lent qu’il fait croire que c’est l’autre qui bouge...
Revenir après, quand tout a reculé, quand tout c’est apaiser, retrouver le petit garçon qui n’a pas grandi ici, l’usine morte qui ne crache plus rien ,les montagnes de sucre , le vieillard aux lunettes noires, les traces de neige noire sur les feuilles blanches..... »

Léna Blou, chorégraphe-danseuse
« Survivance »

Darboussier. Espace délaissé, abandonné, qui lorsque l’on y pénètre, vous reçoit. On s’y sent tout petit, puis, pas à pas, une forte déambulation s’inscrit comme un parcours initiatique, un passage périlleux entre temps anciens méconnus et temps futurs improbable...

Eddy Firmin dit Ano, plasticien

« Toro nègre » est un court métrage en 3D rétro projeté sur les parois de l’usine...

Emile Romney - architecte
.....DEPASSER LE MYTHE....

Darboussier....aucun lieu ayant eu une telle importance pour la Guadeloupe n’est resté aussi longtemps imperméable.
L’usine, sa fermeture, ses ruines, leur démolition, et même aujourd’hui la reconstruction, toutes ces étapes se sont passées et se passent encore derrière les grilles de ce qui pourrait à jamais rester un mythe...

Thierry Lima, plasticien

J’ai utilisé la matière première trouvée sur le site pour réaliser ma sculpture : Une représentation de l’explosion de ce site de Darboussier submergé des immeubles de socialisation...

Jean-Luc Bernier - Musicien

J’ai créé une œuvre contemporaine, un mélange de diverses tendances musicales teintées de jazz et de musique traditionnelle. J’ai voulu m’inscrire dans une démarche commune en m’inspirant du texte poétique de Max Jeanne et de l’approche de Léna Blou.

Michelle Chomereau-Lamotte, artiste peintre

«Darboussier m’a inspiré une installation avec peinture. J’ai travaillé l’espace le plus proche de la rue, là où on voit encore les fûts ou du moins ce qu’il en reste, pour offrir regard à l’extérieur vers une période.»...

MAX JEANNE - Poéte

Dans le texte poétique que je consacre à Darboussier, je fais un état des lieux : Darboussier hier et aujourd’hui. J’évoque des tranches de vie, je mets l’accent sur l’aspect humain et surtout je mets en garde contre l’effacement de la mémoire collective. Il ne faudrait pas qu’avec la pelle mécanique, on efface des pans entiers de notre histoire...

COLLACTIF (collactif@bronsc.com)

Collactif récupère, déchire, découpe, recompose le matériel de propagande commerciale (des affiches publicitaires destinées à la poubelle) et le transforme, le transmute en messages collectifs d’art éphémère, gratuit, offert à tous, que nous collons dans notre paysage urbain, sur les affichages sauvages, les espaces publics et délaissés des rues de Guadeloupe.

François PIQUET - plasticien

"Bèf chapé lizin" - Sculpture extraite de l’installation «La place du Boeuf», Darboussier 2007. Lamelles d’acier, pièces mécaniques, tôles (éléments métalliques provenant de la friche industrielle de Darboussier, ouverte en 1869 et fermée en 1982).

Jean-Marc HUNT - plasticien

Sa sculpture faite de matériaux récupérés sur le site de la friche industrielle est un machine réprésentant les contorsions de l’estomac.
« Avec cette machine , j’ai choisi d’évoquer l’esprit de l’esclave qui a été vomi par les galériens... »

LEGTA DE GUADELOUPE
Classe d’éducation socio-culturelle de Nelly Feuerstein Slimadi

Dans les ateliers , nous avons essentiellement retrouvé des élèves et étudiants, une quinzaine par séquence, toutes filières confondues , de tous âges , de tous niveaux ainsi que le chef cuisinier et un enseignant .Le travail s’est effectué à partir de photos couleurs et noir et blanc , prises sur le site par des étudiants de BTS , le club photo du lycée des enseignants.

 

Maison de l'Architecture, 9 rue de la liberté, 97122 BAIE-MAHAULT, GUADELOUPE Facebook MAG    Contact